Les Grandes Forges, Musée du fer et du chemin de fer
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Pourquoi un Musée à Vallorbe ?

Vallorbe, une petite ville en pleine nature !

Une nature sauvage, mais verdoyante en toutes saisons...

Vallorbe, petite agglomération du Jura vaudois bâtie sur le cours moyen de l'Orbe, occupe un étroit vallon encaissé entre le Mont-d'Or et la Dent de Vaulion, à une altitude de 750 m. Malgré la proximité du col de Jougne, importante voie de passage, et la découverte des restes d'une tuilerie romaine aux Prés-sous-Ville, le peuplement du vallon ne commence véritablement qu'au 12e ou au 13e siècle, sous l'impulsion des moines de Romainmôtier. Grâce aux industries du bois et surtout du fer, qui compensent la rudesse du climat et l'absence de bonnes terres agricoles, Vallorbe se développe alors régulièrement et dépasse même les 5000 habitants au début du 20e siècle.

Confrontés actuellement aux problèmes que connaissent toutes les régions excentriques du pays, les Vallorbiers, qui ne sont plus que 3300, doivent faire preuve d'imagination pour maintenir les activités traditionnelles et développer l'attrait de leur village. Le tourisme, en collaboration avec la Vallée de Joux et le Nord vaudois, est un élément non négligeable de cette politique : ouverture au public des extraordinaires Grottes de l'Orbe en 1974, du Musée du fer en 1980, du Fort de Pré Giroud en 1988, du Musée du chemin de fer en 1990 et de Juraparc (bisons dès avril 1987, puis les loups et enfin les ours en 2002). Les amateurs de randonnées y découvrent de plus une région magnifique.

L'industrie du fer à Vallorbe et dans la région

1. Les temps héroïques des bas fourneaux

Les fouilles effectuées par le professeur Paul-Louis Pelet et ses collaborateurs, dans la région des Bellaires, près de la Sarraz, prouvent que les forgerons exploitent déjà le minerai de fer du pied du Jura 350 ans avant J.-C. Ils construisent, avec des pierres qu'ils ramassent, des fours revêtus intérieurement de glaise, d'environ 1,50 m de hauteur; une tuyère permet le passage du bec d'un soufflet, actionné manuellement, qui avive le feu dans le foyer. Cette exploitation se poursuit jusque vers le 6e siècle de notre ère. Nous en perdons ensuite la trace.
Dès le 12e siècle, quelques documents prouvent que l'industrie du fer renaît dans le Jura. A Vallorbe, les premières usines, ancêtres des industries actuelles, remontent au dernier quart du 13e siècle. On y dispose de l'eau de l'Orbe pour actionner les roues, du bois pour la construction et la fabrication du charbon, et du minerai de fer, notamment au Mont d'Orzeires, sur le flanc nord de la Dent de Vaulion. Le prieur de Romainmôtier, Gaufridius, fonde à la Dernier, entre 1280 et 1285, la première ferrière du vallon. Une ferrière réduit le minerai en fer directement forgeable, comme les fours primitifs des Bellaires.
Au début du 16e siècle, Vallorbe est déjà un centre sidérurgique avec trois ferrières et plusieurs forges.





Schéma d'un four des Bellaires (La Sarraz)
Bas fourneau de type "Bellaires". Ce schéma et les explications qui s'y rapportent sont exposés au Musée du fer de Vallorbe.

2. Vers les hauts fourneaux et l'ère industrielle...

La révolution technique que représente la découverte du haut fourneau, où l'on produit de la fonte en grande quantité, donne une impulsion nouvelle à l'industrie du fer. Vers 1670, Vallorbe compte trois hauts fourneaux, plusieurs feux d'affinerie et une trentaine de forges. Rappelons que la fonte, coulée à 1450 degrés environ, ne devient forgeable qu'après affinage.
Cependant, dès la fin du 17e siècle, la production de fonte cesse à Vallorbe. Les mines proches sont épuisées ou trop pauvres, le charbonnage a ruiné les forêts, la concurrence de la Vallée de Joux, de Sainte-Croix et surtout de la Franche-Comté trop forte. Le travail du métal se diversifie et se spécialise alors; on assiste à un nouveau bond en avant qui atteste de la réussite de cette reconversion, les Vallorbiers achètent le fer ailleurs et deviennent serruriers, armuriers, cloutiers, maréchaux.
Cet essor se poursuit jusque vers 1850,  puis se maintient grâce à la fabrication des limes, des outils et des chaînes. Les Usines Métallurgiques, fondées en 1899, spécialisées dans la production des limes de précision, maintiennent la réputation de Vallorbe dans le monde entier.
Ailleurs dans le Jura, suivant la même évolution, l'industrie du fer débouche sur la taille de pierres fines, la fabrication des boîtes à musique, des rasoirs, des burins et d'autres outils ou machines de précision.




Haut fourneau vers 1750 (Musée du fer de Vallorbe)
Haut fourneau vers 1750. La soufflerie hydraulique permet d'obtenir des températures plus élevées.

Les Grandes Forges ou Forges de la Ville

Tout naturellement, le Musée du fer occupe à Vallorbe les bâtiments d'un site classé où l'on travaille le fer depuis 1495. A cette date, le prieur de Romainmôtier, Michel de Savoie, concède à Pierre Vallotton, alias Develley, les droits d'eau et la construction d'une meule à aiguiser et d'un martinet, en aval du pont, au centre de la ville. En 1528, un nouvel "abergement" autorise la création d'un haut fourneau. La famille Vallotton reste propriétaire de l'entreprise jusqu'en 1685 et y ajoute une affinerie, une aciérie et plusieurs feux de forge. Les Favre, Truan et d'autres s'y succèdent alors. Le haut fourneau est abandonné, puis démoli en 1705. Les Grandes Forges se transforment en un conglomérat d'usines indépendantes, chacune aux dimensions très modestes. Cinq roues à aubes tournent au début du 20e siècle. La famille Viotti, dernier propriétaire, abandonne la production aux Forges de la Ville en 1967. De l'autre côté du canal, sur lequel elle a aussi une roue, la magnifique forge Estoppey est maintenant intégrée dans la visite du Musée.


Philippe J. Muller, conservateur du Musée du fer
Philippe J. Muller, conservateur du Musée du fer...
Le Musée du fer

Nous en avons axé la conception sur deux idées directrices : la démonstration et l'animation. Démonstration des origines de l'industrie du fer, de son développement et de ses applications actuelles. Animation grâce aux roues du canal qui actionnent les machines et à la forge en activité, véritable coeur du musée. Il se dégage ainsi une atmosphère très particulière : le halètement des roues à aubes, le bruissement des courroies de transmission, le cliquetis des machines et les coups de marteau sur l'enclume rappellent constamment que les objets exposés ont vécu, eux aussi. A la forge, que le feu éclaire et réchauffe, revit un travail devenu mystérieux pour beaucoup, elle exerce une fascination surprenante.


Barbara Giusti Currat
Barbara Giusti Currat au travail...

Le Musée du chemin de fer

Situé à mi-chemin des 820 km de ligne de l'axe ferroviaire Paris-Milan, Vallorbe était tout désigné pour devenir la "mémoire" de la ligne.
En outre, le rôle important que le chemin de fer a joué dans le développement de la localité méritait une reconnaissance publique. Les espaces à disposition dans les étages du bâtiment des Grandes Forges, devenu propriété communale, ont tout naturellement été aménagés en 1990 en un musée consacré à l'épopée ferroviaire de Vallorbe sur la ligne du Simplon.

Quelques dates importantes

1870  Ouverture de la ligne Lausanne – Vallorbe
        (Viaduc du Day en fer)
1875  Ouverture de la ligne Vallorbe – Pontarlier
1886  Ouverture de la ligne Vallorbe – Le Pont
1899  Prolongement Le Pont – Le Brassus
1915  Ouverture du tunnel du Mont d'Or
1924  Reconstruction en pierre du viaduc du Day
1984  Arrivée du TGV à Vallorbe



Gérard Vuadens, Conservateur du Musée du chemin de fer de Vallorbe
Gérard Vuadens, Conservateur du Musée du chemin de fer...
 

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